mardi 27 janvier 2009

Fumée blanche

ON BOARD BRIT AIR / SKIPPER : ARMEL LE CLEAC'H (FRA)


« Je suis bientôt au large du Cap Vert, ça avance tranquillement. Dans les prochaines heures, il va falloir que je me penche sur le passage de l’anticyclone des Açores. Je ne sais pas encore si je vais passer dans l’est, dans l’ouest ou au milieu. Les modèles ne sont pas tous d’accord. Faire une analyse stratégique permet de continuer à réfléchir. On confronte la situation avec nos expériences antérieures, c’est intéressant. Si derrière ce passage, ça va vite, c’est intéressant. Mais la fumée blanche qui indiquera ma décision n’est pas encore sortie.» Armel Le Cléac’h, Brit Air, à la vacation de 11h30.

lundi 26 janvier 2009

Respecter les traditions

ON BOARD BRIT AIR / SKIPPER : ARMEL LE CLEAC'H (FRA)

« Pour l’heure Brit Air avance bien sous la chaleur dans un vent de Nord-Est dans le bon sens. Mais ça gîte beaucoup et la mer se fait de plus en plus forte. Ça devrait fraîchir un peu dans les prochaines heures et je vais donc anticiper rapidement pour réduire un peu la toile. Ça ne sert à rien de prendre des risques ! Le champagne au cap Horn, de nouveau à l’équateur : vous allez penser que je passe mon temps à trinquer avec Neptune ! Oui c’est vrai ! Mais les traditions sont les traditions et il faut les respecter… Il y’a un peu plus d’un an, sur la Transat B to B, j’avais oublié le champagne pour le passage de l’équateur et j’avais donc offert du soda à Neptune… Deux jours plus tard, je démâtais ! Je ne me ferai pas reprendre de sitôt… » Armel Le Cléac’h (Brit Air) par mail

dimanche 25 janvier 2009

Vacances aux Marquises ?

ON BOARD BRIT AIR / SKIPPER : ARMEL LE CLEAC'H (FRA)

« Content d'avoir ramené Brit Air dans l'hémisphère Nord, après calcul, j'ai passé 63 jours dans l'hémisphère Sud. Donc hier soir, on a trinqué avec Neptune, un p’tit coup de Champagne. Et comme la bouteille a fait le tour du monde, il était encore meilleur qu'à l'aller. On est en train de passer le Pot au Noir assez rapidement, ça a l'air d'aller. Il y a des éclaircies. Le vent est dans le bon sens, du Nord-Est, ça commence à fraîchir un peu. J’ai réduit un peu la voile car ça commence à taper ici. Les conditions vont donc être un peu plus mouvementées dans les prochains jours. Sinon, il fait toujours chaud, c'est même un peu ambiance sauna à bord, mais ça devrait aller mieux. Il y en a qui ont eu de la chance lors de la remontée de l'Atlantique Sud, et moi c'est dans le Pot au Noir que c’est sympa. Chacun son petit avantage. Quel endroit pour des vacances ? Il y a plein d'endroits sympas même si tu ne vois pas la terre souvent. Dans les mers du Sud, il y avait un ciel d'un bleu incroyable. Le passage du Cap Horn s’est fait avec un peu de soleil, c'était un moment magique. Il y avait aussi les Falkland, puis avant-hier, j’ai aperçu l’ile de Fernando de Noronha. Donc voilà, on en profite dès qu'on peut pour voir un petit morceau de terre,… Mais le Brésil, ce n'est pas vraiment un bon souvenir, ça a pris du temps. Sinon, je connais les Marquises, qui sont magnifiques. Ce serait un grand plaisir de faire une escale... On les voit sur la carte, mais on reste concentré sur la course. C'est la priorité. » Armel le Cléac'h (Brit Air) à la vacation de 11h30.

vendredi 23 janvier 2009

L’inconnue du Pot au Noir

SAILING ROUND THE WORLD RACE VENDEE GLOBE 2008/2009

« Je ne suis pas encore en plein dans le Pot au Noir, mais on s’en rapproche. Encore une dizaine d’heures avant de rentrer dans cette zone de nuages et de vents erratiques. Mais pour l’instant, j’ai encore cet alizé qui me rapproche de Fernando de Noronha. Je vais encore avoir 200-250 milles dans des conditions difficiles avant d’attaquer l’hémisphère Nord. J’avais dit qu’il fallait attendre un peu pour mesurer l’écart réel entre moi et les autres. On fera un bilan à l’équateur. Je déclencherai mon chrono quand j’aurai accroché l’alizé du Nord. Il y a encore quelques pièges devant nous avant d’avoir des vents plus simple. Pour l’instant je ne me prends pas trop la tête même si je regarde les cartes en ce moment pour trouver le meilleur passage pour le Pot au Noir. Il y a une part théorie et une part pratique. Pour l’instant le ciel est bien dégagé, je regarde devant moi mais je ne vois pas de gros nuage. J’ai bien vu que je n’avais pas eu les mêmes conditions que ceux de devant, c’est comme ça : c’est la course au large, c’est la météo. Là j’avance à 9 nœuds. On est dans la dernière ligne droite, et c’est super sympa d’avoir des gens qui nous soutienne. Ça motive pour arriver encore plus vite et il faut continuer à mettre du charbon. Je n’ai plus de copain sur l’eau… non, je rigole. Il y a encore Samantha. Sinon je reçois pas mal de messages de la terre et j’envoie beaucoup de mail le soir ». Armel Le Cléac’h (Brit Air) à la vacation radio de midi

jeudi 22 janvier 2009

Cours d’histoire-géo

« C'est grand le Brésil !! On m'avait appris cela en cours d'histoire-géo à l'époque du collège mais cela ne m'avait pas vraiment marqué plus que ça. Faut dire que ce n’était pas ma matière préférée. Enfin bon aujourd'hui et depuis plusieurs jours, ça se confirme ! Surtout quand l'alizé brésilien est faible... Pas facile de quitter l'hémisphère Sud ! En plus devant l'étrave de Brit Air se profile le Pot au Noir avant de basculer de l'autre coté de l'équateur. Encore quelques heures difficiles en perspectives sur le pont avant de gagner son ticket pour l'Atlantique Nord et la remontée vers les Sables d'Olonne ! J’en profite donc pour me reposer et bien checker le bateau. Je n’ai pas oublié non plus de mettre une petite bouteille de champagne de coté pour Neptune pour le passage de l'équateur. Je commence aussi à faire l'inventaire de ce qu'il me reste à bord en consommable : nourriture, gasoil, gaz, dentifrice, paires de chaussettes propres pour des jours plus frais, etc... Allez moins de 4 000 milles avant le chenal des Sables: on ne lâche rien ! Merci encore à tous mes supporters pour les nombreux messages qu’ils me font parvenir : c'est énorme !!! À bientôt. » Armel Le Cléac’h (Brit Air) par mail.

mercredi 21 janvier 2009

Une bonne suée

« Stressé ? Sous pression ? Non, pas du tout ! Marc a eu les conditions très favorables qui ne se sont pas offertes à moi après le Cap Horn, c’est tout. Tant mieux pour lui et tant pis pour moi mais c’est la course et il faut faire avec ! Et puis il est encore trop tôt pour faire un bilan sur cet écart. Moi je ferai le point dans 48 heures : j’aurai pour ma part touché des alizés plus réguliers qui devraient pouvoir me permettre de bien avancer, Marc, lui, va avoir à se recaler dans l’est. Quand il se retrouvera aligné dans mon sillage, il sera alors temps de faire les comptes. Mais de toute façon, il ne sert à rien de trop se prendre la tête : je pousse Brit Air au maximum de son potentiel, je trace ma route au mieux et au plus vite vers l’arrivée et c’est bien ma seule préoccupation pour le moment ! Au près, le bateau mouille énormément et à l’intérieur on n’a pas d’autre choix que de tout fermer. Conséquence : dans le cockpit, c’est l’étuve ! Et puis comme il faut manœuvrer souvent à ces allures, chaque effort se solde par une bonne suée ! Mais bon, on ne va pas se plaindre, on avance, on avance… et c’est déjà pas mal ! » Armel Le Cléac’h (Brit Air) par mail.

Rien n’est joué

SAILING ROUND THE WORLD RACE VENDEE GLOBE 2008/2009

« Il fait bien chaud à bord de Brit Air. Je me trouve au large de Salvador de Bahia. Les alizés sont plus soutenus que les jours précédents, donc j’avance un peu mieux. Je marche à 11 nœuds à peu près. C’est pas mal. Le Pot au Noir, comment je le vois ?… noir. Il est placé très sud puisque, a priori, c’est la saison. Le souci, c’est qu’il bouge pas mal, avec les nuages et les grains. On le surveille. On se demande où se placer quant à la remontée de l’Atlantique nord. Il faut choisir sa trace maintenant car, plus tard, ça sera compliqué de se décaler. Ce choix n’est pas simple étant donné que les systèmes évoluent très vite. J’ai encore 48 h pour choisir, çe qui me laisse de la marge. Il est certain que Marc Guillemot a eu une super météo pour remonter l’Atlantique sud, mais je ne lâcherai rien. La troisième place, il faudra qu'il vienne la chercher. Il a eu du portant alors que, moi, je me suis tapé du près pendant plusieurs jours. On verra… Je ferai le point après le Pot au Noir pour voir l’écart. Là, je ne peux pas faire grand-chose de plus, je suis à fond avec mon bateau. Rien n’est joué, rien n’est fait. La route est longue jusqu’aux Sables d’Olonne. » Armel Le Cléac’h (Brit Air) à la vacation de 11h30